Surproduction ...
Le rythme de l'industrie de l'édition, en 2022, c'est 40 nouveautés pour 112 livres produits, par jour. Et 2023, a priori, ne changera pas la tendance générale.
Surproduction et multiplication des retours, deux maux que les libraires français connaissent trop bien.
Avec une production éditoriale estimée à 111.503 titres en 2022, selon les données du Syndicat national de l'édition, les professionnels font face à une cadence effrénée, un contexte où un livre remplace l'autre à une vitesse grand V.
De 81.268 titres édités en 2011 (chiffres ministère de la Culture) à 111.503 en 2022 (chiffres SNE), la hausse s'établit à 37 % en une dizaine d'années.
On a pu voir ainsi émerger une créativité foisonnante mais aussi des formes de monocultures de l’esprit avec des reproductions marketing de succès qui encombrent encore et toujours plus les tables des libraires.
Les libraires et autres acteurs de la chaine du livre accélérent les cadences, puisqu'ils disposent de moins en moins de temps pour faire leur travail . Ils prennent l'initiative de créer des pauses en refusant (parfois temporairement) des nouveautés, l'idée serait de prendre plus de temps pour mettre en avant et présenter les livres qui sont déjà présents sur les étals des commerces de livres.
Les libraires ne boycottent des livres mais ils temporisent et travaillent éventuellement au réassort de certains titres concernés par la trêve. il sera aussi possible de sensibiliser les clients sur les questions de délais de livraison et sur l’écosystème du livre en général.
Lever le pied sur les nouveautés permettrait également de limiter le temps de manutention et de logistique accordé aux retours.
Le taux de retour observé en librairie reste élevé, autour de 18 %. Le plus important concerne les ouvrages d' " Économie, gestion, droit" (24,6 %), devant les " Beaux-arts "(23,8 %) et la "Littérature" (19,6 %).
" Pour 600.000 € de chiffre d'affaires "avec un taux de retour de 20 %, ce sont environ 6700 livres retournés, 135 cartons de retours, 3900 livres pilonnés et 6,7 tonnes d’équivalent CO2 " qui en découlent, d'après l'organisation professionnelle.
Abdelkarim Belkassem

