A Rio de Janeiro, la sauvegarde de certaines langues indigènes
Alors que je viens de terminer d'écrire un polar qui se déroule à Rio, je découvre une initiative brésilienne.
Aujourd'hui, l'application fonctionne pour toutes les langues indigènes d'Amazonie, soit une quarantaine de langues
*Linklado, application lancée en août 2022, un nom formé en associant lin, pour évoquer les langues indigènes, et klado, dérivé du mot portugais teclado signifiant clavier.
Mettre à disposition des populations indigènes, vivant dans des régions reculées de l'immense région amazonienne (s'il y a une connexion) aussi bien que dans des centres urbains, un clavier digital adapté.
On associe aux caractères de l'alphabet latin un ensemble d'accents et de traits (des signes diacritiques) pour restituer au mieux ces langues.
"Avant on ne réussissait pas à écrire ce que l'on voulait sur le téléphone." dit Cristina Quirino Mariano de la communauté ticuna (parfois connu sous les noms Magta, Tikuna, Tucuna, Tukna, et Tukuna).
Alphabet :
a b c ch d e g i m n ng ñ o p qu r t u ü w x y
Les voyelles nasales sont indiquées à l’aide du tilde sur la voyelle ‹ ã, ẽ, ĩ, õ, ũ, ü̃ ›, et les voyelles laryngalisées à l’aide d’un macron souscrit sous la voyelle : ‹ a̱, e̱, i̱, o̱, u̱, ü̱ ›, celles-ci pouvant être à la fois nasales et laryngalisées : ‹ ã̱, ẽ̱, ĩ̱, õ̱, ũ̱, ü̱̃ ›
*"-Quel est ton nom ?
-Je m'appelle Eni "
Faute de clavier adéquat, les indigènes parlent beaucoup par messages audio sur leurs téléphones.
Dans ces communautés, tous ne maîtrisent pas le portugais, la langue officielle et les téléphones vendus dans le pays proposent, pour taper les messages, les caractères latins utilisés pour cette langue romane.
Orales, les cultures indigènes du territoire aujourd'hui le Brésil connaissent l'écrit depuis que les colons européens ont cherché à retranscrire leurs langues pour les convertir au christianisme.
Au-delà de la communication, l'application permet la traduction de livres et d'autres textes du portugais vers les langues indigènes.
Cela permet ainsi à des femmes de ces communautés de générer un revenu en mettant à profit leurs connaissances des langues locales. Un projet baptisé Linkladas a été mis en place pour rassembler ces traductrices.
Au-delà de l'Amazonie, la sauvegarde des idiomes est un défi mondial. La moitié des langues sont vouées à disparaître d'ici 2100, la majorité étant des langues indigènes, selon un rapport publié par l'ONU en 2018.
Abdelkarim Belkassem




